J'ai du rimmel plein les yeux... et en plus il pleut.
Autant vous dire que ma journée est une catastrophe pas possible. La nuit fut déjà atroce, genre mon lit c'est le désert de gobi et j'ai pas de pain de glace sur moi (mathou, tu sauras de quoi je parle, évidemment), et vers trois heures du matin j'étais encore en train de me poser des questions très philosophiques sur la vie, les garçons, les bébés pandas d'Ouzbékistan. Le trip.
Le plus fun, évidemment, c'est que j'avais bac blanc aujourd'hui, de litté. Je sais, c'est l'éclate.
Ce matin cours de philo ô combien passionnant sur l'interprétation des rêves. Autant vous dire que j'ai trouvé assez con le fait qu'une femme qui reve qu'elle vas au théatre et que son amie ne vient pas et en gros ça voulait dire qu'elle avait surement perdu sa virginité trop tot. Ah oui et n'oubliez pas si vous rêvez d'un couteau, d'un serpent ou encore d'un pistolet, c'est que vous êtes sacrément obsédé(e) par le sexe masculin. Un jour j'ai rêvé que je me prenais un couteau dans le ventre et je me vidais de mon sang et ça faisait très mal c'était tout froid. Ouuuuuh quelle coquine.
Le bac blanc de litté en lui même était proche d'une opération kamikaze tellement c'était absurde. "comment s'allient tradition et invention poétique chez Yves Bonnefoy ?" ... euh... tout ça pour dire que je suis un peu partie en live et que placer des mots qui existent pas comme "pluritemporalité" et relier ça avec Jean Giraudoux c'était peut être pas LE truc à faire. Tant pis. J'étais tellement claquée que j'arrivais même plus à écrire.
Ca me rapelle un bac blanc de litté l'an dernier, un truc de 4h, c'était sur l'autobiographie avec "Les Mots" de Sartre et y'avait des travaux ds la rue alors la prof nous avait dit de mettre nos MP3 et donc j'ai fait mon truc d'invention avec de la musique. J'ai eu 18. Autant vous dire que je garde de ce bac blanc un très bon souvenir.
L'an dernier aussi j'avais fait un bac blanc après une nuit très courte (monsieur se reconnaitra) et c'était aussi sur la poésie. Ma vie m'en veut, elle fait toujours la même chose. Et elle merde à chaque fois la salope.
Oui, j'ai des airs d'Anais parfois, sauf que l'enfoiré c'est aussi l'infirmière. (vieille vanne, BOUUUUUUUH).
Oui, je vais dormir...
... Comme j'étais fait pour lettres.
Ma vie est toujours aussi palpitante. Il faut me couper M6 Mobile. C'est bien simple : je ne conçois plus une soirée (hors week end et vendredi, normal) sans appeler. Total après des heures de conversation débile où l'on dédicace des slams aux cafetières senseo, on parle racaille du double 4, on imite Vincent Delerm et Benjamin Biolay (ou dans les pires cas, on fait Grand Père Simpson), Popomme et moi on est totalement fracasse.
De toutes manières : je ne dors plus. Bon ok boire un café à 20 heures ne fut pas la plus brillante idée de ma vie, je vous l'accorde, mais les autres jours, je buvais seulement du candy'up dans mon lit (oui sinon moi et le calcium ça fait quarante douze). Soit je me reveille en pleine nuit genre "2h avant que le reveille sonne donc t'es niquée" ou bien je m'endors, justement, que deux heures avant le reveil, ou alors (et ça c'est le meilleur, bien sur) je fais des nuits hyper agitées avec des cauchemars tout le long total : c'est comme si j'avais fait nuit blanche au pays des horreurs. J'ajouterais que je suis très très dégoutée de ne plus rêver de JFK parce que dans mes rêves, il était super canon (et moi j'étais super blonde).
Bien sur, vu toutes ces heures de sommeil que je loupe, je suis en train de devenir totalement narcoleptique. Je m'endors devant la télé, un peu partout, et je me rend compte qu'en cours je "zappe" plusieurs minutes rien qu'en fixant ma trousse et me reveiller après et dire "hein ?". Trop cool. Enfin faut dire que même quand je suis pas fatiguée je fixe ma trousse, question de survie au lycée quoi, faudrait pas que je m'englue trop sur ma chaise.
J'ai trouvé une méthode géniale pour me détendre et réfléchir à des questions existencielles comme "la tartine de fromage, avec ou sans thé ?" (oui je sais, c'est passionnant cet article !) : m'allonger sur le carrelage. Dans la cuisine, j'ai le sol qui chauffe, donc c'est niquel (mais faut avoir confiance en ma mère et ses talents ménagers hein). A la salle de bain, faut juste pas peur de mouiller les carreaux blancs (bah oui, je fais ça après ma douche, pas sans raison, non mais !) et se mettre un bon "Gas Panic !" à un niveau de décibels assez fort pour faire péter les éclairs au chocolat du boulanger du dessous.
Bon...
A vos dalles et bien le bonsoir chez vous.
J'avais vu vaciller la flamme D'une belle bougie comme toi Et pour devenir, juste un peu femme J'y ai plongé mes dix doigts
Et le temps passe... Un peu de cire, un peu de moi La chandelle casse Et s'empare de moi
Je reste incandescante Chandelle en moi, j'attend mon tour Mais une indécente demoiselle, prend ma place un beau jour...
J'ai trop couler, trop fait souffrir Adieu nuée, bonjour soupir Et toi, ton désir ? Parti en fumée...
Et je m'allume... de l'or ! ... tu souffles sur la flamme Mais si je brule encore C'est pour mieux saboter mon âme.
Les gens qui se perdent se trouvent. (et inversement).
Tu sais, elle aurait jamais pensé le perdre comme ça. Encore moins le trouver. Mélanie pensait que l'amour, c'était quelques disputes et beaucoup de retrouvailles. Un lit chaud et une épaule sur le canapé. Elle croyait acheter encore longtemps les yahourts par 8 et un pack de lait toutes les semaines. Pour elle et lui, Vincent.
Et tu vois, finalement, elle revient au point de départ, et gagne juste un peu de solitude. Les coussins reprennent leur place, la télé s'éteind en même temps qu'elle. Vincent devient une photo sur un panneau de liège, puis une image, au fond d'un tiroir. Pour finir Vincent n'est plus qu'un tas de miettes, perdu dans un sac plastique. Vincent se recycle, et effacera son visage pour du papier en promo. C'est l'ironie de l'oubli. A chaques souffles qu'elle inspire, ce sont les molécules que Vincent avaient rejetées qui rentrent dans ses narines. Par défaut, au lieu de respirer son odeur et de mélanger leurs parfums, ils partagent le même oxygène, celui qui les lient avec des milliards d'inconnus. Elle comprend que ne plus se respirer, c'est finalement se perdre.
Elle repense aux milliers de souvenirs que vas bientot modifier sa mémoire. Il lui dira des mots qu'elle n'a jamais entendu, l'embrassera différement. Elle arrachera le mal comme de la mauvaise herbe, et bientot, l'engrai du temps qui passe transformera son terrain vague pour en faire le plus beau des jardins. Le leur, celui qu'ils n'ont jamais eu. Les roses ont des épines, Vincent n'est qu'un homme. Elle surprendra la solitude, roulée dans le lit, qui garde sans cesse les draps froid.
Elle trouvera Vincent, dans ses plus beaux jours. Elle sentira son après rasage sur les joues d'un autre, reconnaitra une chemise qu'il portait, quelques fois, pour les jours importants. Elle se souviendra que quand c'était leur anniversaire, il ne portait pas cette fameuse chemise la. Deux trois chansons, qu'elle detestait entendre à travers les murs de la salle de bains, ces mêmes chansons qu'elle fredonnera, encore un peu, le dégout au bord des lèvres, la chaleur qui coule des yeux. Encore un zeste d'amis en commun "tu sais vraiment, tu dois pas choisir de camp, je sais qu'au départ, t'es avant tout un ami de Vincent, mais..." trois coups de fil puis plus rien.
C'est un Vincent de paille, dans l'esprit de Mélanie. Un mannequin, une chimère inventée de toutes pièces, l'homme idéal tendance salaud, un peu brutal, un peu macho. Le narcissique touchant, le "sans-confiance", le plus fidèle, le meilleur amant.
C'est Frankestein, petit à petit. Elle trouve Vincent, dans toutes les manies qui l'enerve. Dans son physique, aléatoire, dans ses yeux sans expression, dans la drôle de forme que prenait son menton. Dans la télé, les débats à deux balles, les séries sans interet qu'il suivait avec une foudroyante passivité. Elle trouve Vincent, l'homme à fuir, tendance éternel gamin, un peu spécial, mieux vaut passer son chemin. Un lunatique trop prétentieux, oui, vraiment, il y a Vincent mais il y a Eux.
Dans les cheveux d'autres garçons sa main cherchera un meilleur destin. Un Vincent, un seul, elle se dit que ce n'est surement rien. "On ne trouve jamais aussi bien les gens que perdus, et quand seul, en fin de journée, on a personne avec qui se disputer, tu sais...".

Moi, ou l'art de ne pas savoir associer une bretelle de soutif au reste de la tenue, l'art d'avoir un nez écrasé, l'art d'avoir trop de cheveux dans la frange.
Elia, ou l'art de prendre des photos floues dans le lycée où décidement on s'emmerde plus qu'autre chose.
"C'est comme ça les filles, ça boude. J'peux te dire que t'as vraiment pas de chance parce que dans le genre fille la nature a pas lésiné sur mes chromosomes. Je suis une des pires, et tu sais à quoi on les reconnais, les filles les plus filles qui soit ? Plus tu les aime plus tu rêves de leur coller une bonne paire de gifles.
C'est pas mystérieux, une fille, c'est juste que t'en es pas une. C'est pas mystérieux, un garçon, on sait juste deux trois trucs bateaux, les gros clichés communs : un garçon ça regarde le foot et ça manges des cacahuètes. Alors une fille, une fille ça doit s'épiler devant la télé entre deux gorgées de coca light, non ?
Je suis de cette espèce séditieuse, tu sais, la fille qui vas te pleurer dans les bras, un jour, quand tu t'y attendras le moins. J'aime bien la pluie qui tombe sur mon visage, surtout quand elle est salée, tu sais, et qu'elle commence à creuser des vulgaires tranchées sur mon épiderme. Pleurer, c'est la plus belle des guerres, tu sais jamais si tu capitules, ou si t'es en pleine mutinerie. Au fond tes pleurs c'est qu'un reflexe stupide pour faire un minimum réagir le corps quand l'esprit n'y arrive plus. Une déshydratation forcée, après t'aura l'alcool. Ou le jus de fruit si tu prefères.
Vas surtout pas croire que j'te fais un numéro, genre la cinglée qui débite un monologue, je te parle pour que tu comprennes, tu vois, que tu comprennes qu'avec moi, c'est pas un claquement de doigt habile, c'est pas un lyrisme de macadam, et que ta mèche, ta mèche au milieu du front, elle te vas pas du tout.
Et tu sais moi, comme fille, j'ai jamais été le meilleur modèle, on a surement fait des prototypes avant de pondre des bêtes à concours et les moules, ils s'apellent comme moi. Et tu sais, moi, si j'étais si réelle, bah on me quitterait pas. C'est pas anodin, si on me dit "je ne t'aime plus" et si en plus on me le dit au fond des yeux, pour que je comprenne tu vois, pour pas que je m'accroche de trop au soldat au coin des yeux qui se met au garde à vous. Cette larme, tu vois, c'est la pire à ravaler, celle la, c'est la seule qui perle contre notre volonté.
Et qu'est ce que tu crois ? que je vais pas te faire des crises de jalousie, que je vais pas te harceler de niaiserie par le biais de la nouvelle technologie ? que je vais pas, un jour, t'éviter comme la peste et le lendemain te sauter au cou ? Les chromosomes, je te dis, les chromosomes X c'est tous des saloperies.
Les miroirs me regardent, c'est eux les coupables. Tu sais ils me fixent et ils disent "toi" et ce pronom là, je le trouve terrible. Comme une appellation familièrement grotesque. On est 6 milliards de "toi" qui ne se connaissent pas, ou bien juste très peu. C'est "toi" le plus celèbre mot d'amour. On est jamais plus proche de quelqu'un quand on partage même son pronom. Et pourtant, tu sais aussi bien que moi que c'est sensé etre hyper personnel, ces trucs là."
J'ai 17 ans et 17 de moyenne en littérature.
(à 6 ans j'étais en total raccord avec l'allemand voyez)
Bon, voila, déjà c'est clair : Cailloux s'est fait éliminé de la Star Academy, je fais le deuil, merci. Pour hommage, et parce que ce mec à un des plus beaux nez du monde, une petite photo :

voila, star academy c'est de l'arnaque parce que pour une fois que j'avais un spécimen cailloux, bah je suis deg (quant à toi Jean Caribou j'esperes que tu vas te barrer, ça t'apprendra à massacrer "Colore" des Innocents, ptit con).
Sinon bon. J'alterne. Je suis plutot de bonne humeur, sauf quelque chose qui me tracasse à mort et dont je peux décemment parler à personne sauf à ma Popomme mais elle est pas psy. Et si je le dis aux autres ils vont me prendre pour une ultra prétentieuse alors que je commence à craquer sec à cause de ça et ma prof de français m'a juste dit "t'es faite pour devenir intellectuelle" bon ok mais ça résous pas mon problème hein. C'est gentil d'avoir essayé, à la prochaine.
J'arrive tujours pas à écrire même s'il y a une véritable tempête sous crâne et que les idées se bousculent au portillon. Faut juste que je me débarasse des idées noires et peut-être y'aura moyen de faire un truc potable au lieu de le laisser dans ma tête.
La guerre froide c'est magique, la guerre froide c'est fantastique. Comment faire correctement une épreuve majeure de bac sur la dissolution du bloc soviétique quand on ne sait absolument pas ce que veux dire "Glasnost" à part "transparence" (mais bien sur la traduction s'avère être parfaitement inutile). M'enfin j'ai esquivé ce mot pendant plus d'une copie double, espérons qu'il ne me reviendra pas violemment dans la gueule lors de la correction. Oui moi et l'histoire c'est fou fou fou, je deteste ça et je m'en tape royalement. Intellectuelle ? Je cherche...
Quelqu'un connait "Anthologie des apparitions" de Simon Liberati ? A part deux trois bonnes vannes, j'ai pas encore distingué beaucoup de génie dans ce bouquin perso... m'enfin on sait jamais, les premieres lignes de Bret Easton Ellis sont toujours très difficiles à lire.
CAILLOUX
CAILLOUUUUUUUUUUUUUUUX.
Allez, j'arrete de regarder cette merde.
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